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Depuis une dizaine d’années les jardins potagers collectifs germent de nouveau sur une toile de fond de préoccupations environnementales, de recherche de lien social et plus récemment de crise économique. Ils sont issus d’initiatives aussi diverses que variées et prennent des formes et des fonctions nouvelles.

Le projet Otesha Garden nous a permis de partir à la découverte de ces lieux d’expérimentations à Potsdam en Allemagne et à Cawsand en Angleterre. Débordant d’enthousiasme à l’idée de partager leurs expériences, les participants venus d’Espagne, d’Italie, de France et d’Angleterre, ont présenté leurs jardins. Que ce soit les systèmes ingénieux de plantation, le problème de la récupération d’eau, l’organisation du jardin ou l’accès à la terre, le maintien des jardins en centre ville est la préoccupation centrale de tous. Ces jardins sont des micros-sociétés qui représentent un fil conducteur social intéressant de part leurs histoires mais aussi parce qu’ils touchent par leur diversité, différentes cultures et toutes les couches de la société. Ils prennent en compte les questions liés au cadre de vie, aux moyens de mieux se nourrir et au-delà, au sens du vivre ensemble.

Mais qui sont ces nouveaux jardiniers en herbe ?

Des personnes aux motivations différentes, car les jardins sont avant tout des lieux d’appropriation de l’espace public où l‘on vient rencontrer ses voisins, faire pousser ses tomates, ou retrouver un bout de verdure en ville. Ceux qui animent ces jardins le reconnaissent, l’autosuffisance alimentaire n’est pas un but en soi mais c’est plutôt comment réussir à reconnecter les gens à un environnement qui a du sens. En se les représentant comme des lieux de tissage et de mixage du lien social, ils ont toute leur importance dans des grandes villes comme Berlin. Nous y avons visité des jardins au contexte bien différents, mais ce qui nous a le plus marqué c’est la créativité dont ils font preuve. Les jardins sont des lieux communs d’apprentissage. Ils permettent par exemple de faire le lien entre l’agriculture et l’assiette tout en redécouvrant le plaisir de cuisiner. La plupart ont la volonté de sensibiliser les enfants à l’environnement dès le plus jeune âge, comme avec des ateliers de fabrication de « bombes de graines » auquel nous avons participé. C’est aussi une manière en lançant ces graines, de revendiquer que les germes d’un nouvel équilibre socio-écologique est en marche.